ZFE : allègement des restrictions Crit’Air 3 à Marseille, Rouen et Strasbourg
Le ministère de la Transition écologique annonce un assouplissement immédiat pour les automobilistes de Marseille, Rouen et Strasbourg. Ces trois agglomérations, qui n’affichent plus de dépassement régulier des seuils réglementaires de qualité de l’air, ne sont plus tenues d’interdire la circulation des véhicules Crit’Air 3 au 1er janvier 2025. Cette décision, qui découle d’une amélioration durable de la qualité de l’air dans ces zones à faibles émissions, contraste avec Paris et Lyon où les restrictions restent en vigueur. Calendrier, conséquences pratiques et comparaison nationale : voici ce qui change pour des milliers de conducteurs.
À retenir
- Assouplissement pour 3 agglomérations : Marseille, Rouen et Strasbourg ne sont plus tenues d’interdire les véhicules Crit’Air 3 au 1er janvier 2025, grâce à l’amélioration durable de la qualité de l’air qui les fait repasser sous les seuils réglementaires de pollution.
- Maintien des restrictions à Paris et Lyon : Ces deux métropoles conservent l’interdiction des Crit’Air 3 depuis le 1er janvier 2025, restant classées « territoires ZFE effectifs » en raison de dépassements réguliers des seuils de dioxyde d’azote et particules fines.
- Principe d’adaptation annuelle : Le dispositif ZFE évolue selon les données de pollution mesurées chaque année, permettant d’assouplir ou durcir les restrictions en fonction de l’amélioration ou dégradation réelle de la qualité de l’air dans chaque agglomération.
Interdiction Crit’Air 3 : pourquoi l’État assouplit la règle ?
La loi climat et résilience de 2021 fixe les obligations des ZFE-m en fonction de la qualité de l’air mesurée dans chaque agglomération. À l’issue du comité ministériel du 19 mars 2024, le ministère de la Transition écologique a constaté que Marseille, Rouen et Strasbourg ne dépassent plus régulièrement les seuils réglementaires. En 2023, ces trois agglomérations sont repassées sous les seuils de dioxyde d’azote (NO₂) et de particules fines.
Voici l’évolution des niveaux de NO₂ :
| Agglomération | Avant 2023 | En 2023 |
|---|---|---|
| Marseille | Dépassement régulier | Sous le seuil réglementaire |
| Rouen | Dépassement régulier | Sous le seuil réglementaire |
| Strasbourg | Dépassement régulier | Sous le seuil réglementaire |
Quelles conséquences pour les automobilistes de Marseille, Rouen et Strasbourg ?
1. Circuler au quotidien sans nouvelles restrictions
Bonne nouvelle : les véhicules Crit’Air 3 restent autorisés dans les trois agglomérations concernées. Vous pouvez continuer à circuler librement dans les périmètres des ZFE existantes sans craindre de sanction. En revanche, les véhicules non classés et ceux affichant une vignette Crit’Air 4 ou 5 demeurent interdits, conformément aux dispositions nationales.
2. Dérogations éventuelles pour poids lourds et utilitaires
Les professionnels équipés de véhicules utilitaires légers ou poids lourds Crit’Air 3 bénéficient du même assouplissement. Certaines dérogations locales peuvent s’appliquer pour les petits rouleurs ou les horaires décalés. Renseignez-vous auprès de votre métropole pour connaître les modalités exactes.
3. Contrôles et amendes : le dispositif reste-t-il actif ?
Le dispositif de contrôle reste en place, mais les sanctions s’appliquent uniquement aux véhicules les plus polluants. L’amende forfaitaire de 68 € concerne toujours les vignettes Crit’Air 4, 5 et non classées. Pour les Crit’Air 3, aucune verbalisation n’est prévue dans les agglomérations concernées, qui conservent la possibilité d’activer des restrictions lors de pics de pollution.
ZFE Paris et Lyon 2025 : la suppression n’est pas au programme
Contrairement à Marseille, Rouen et Strasbourg, Paris et Lyon maintiennent l’interdiction des véhicules Crit’Air 3 depuis le 1er janvier 2025. Ces deux métropoles restent classées « territoires ZFE effectifs » en raison de dépassements réguliers des seuils de pollution atmosphérique. Dans le Grand Paris, cette restriction concerne 77 communes à l’intérieur de l’A86, tandis que Lyon l’applique sur son centre et ses grands axes. Près de 500 000 véhicules Crit’Air 3 circulent encore dans ces deux zones, soit environ 12 % du parc automobile local. Pour connaître l’ensemble des ZFE actives en France, consultez la carte officielle des ZFE.
Calendrier des restrictions : quelles prochaines étapes ?
La loi climat et résilience fixe le 1er janvier 2025 comme échéance pour l’interdiction des véhicules Crit’Air 3 dans les agglomérations en dépassement régulier des seuils de pollution. Ce calendrier prévoit une progression par paliers : après les Crit’Air 4 en janvier 2024, les diesels de plus de 14 ans et les essences de plus de 19 ans devaient suivre.
La mise en place s’adapte désormais aux résultats terrain. Le ministre Christophe Béchu défend un « principe d’adaptation » : chaque année, les données de qualité de l’air sont réexaminées. Si les concentrations de dioxyde d’azote baissent durablement, les restrictions peuvent être allégées. À l’inverse, une dégradation peut déclencher de nouvelles mesures.
| Date | Mesure |
|---|---|
| 1er janvier 2024 | Interdiction Crit’Air 4 (territoires ZFE effectifs) |
| 1er janvier 2025 | Interdiction Crit’Air 3 prévue, assouplie pour Marseille, Rouen, Strasbourg |
| Révision annuelle | Ajustement selon données de pollution |
Une carte des ZFE-m qui évolue au rythme de la qualité de l’air
La cartographie nationale des zones à faibles émissions mobilité repose sur un principe d’adaptation continue. Les agglomérations sont classées en « territoires de vigilance » ou « territoires ZFE » selon que leurs concentrations en dioxyde d’azote restent inférieures ou supérieures à 10 μg/m³ sur trois des cinq dernières années. Ce seuil, établi par l’Organisation mondiale de la santé, guide les autorités dans leurs décisions d’assouplissement ou de durcissement des restrictions.
L’objectif reste avant tout sanitaire : réduire l’exposition aux particules fines et à l’oxyde d’azote, deux polluants responsables de près de 40 000 décès prématurés par an en France selon Santé publique France. Chaque amélioration durable de la qualité de l’air se traduit par un ajustement des obligations locales, permettant aux villes qui progressent de desserrer les contraintes sur la circulation.